Le contexte
Une société de mécanique générale et de machines spéciales, de plus de 20 ans, composée d’une douzaine de salariés et d’un outil de production vieillissant, trouve un repreneur (successeur) au profil fortement industriel. L’organisation de cette société artisanale reposait sur un management directif et centralisé ainsi qu’une transmission orale dans l’exécution et la gestion des affaires.
- Les installations, le matériel.
- L’entreprise s’est constituée grâce à un parc machines provenant de rachats de matériels d’occasion, de vente aux enchères avec une maintenance uniquement curative ; plus de 50% du matériel et de l’outillage léger était hors d’usage, ou présentait des avaries bricolées.
- Les corrections géométriques par programmation ne suffisaient même plus pour compenser l’usure des machines à commandes numériques.
- Un outillage limité.
- La conformité des machines d’usinage et de production :
- Remarque du repreneur : « Mais ! il n’y a pas de carter de protection sur cette partie tournante, c’est dangereux … »
- Réponse directe du dirigeant sortant : « Il n’y a pas besoin d’aller mettre ces pattes là-dedans … »
- La gestion des commandes.
- Un simple numéro d’enregistrement à usage unique pour la comptabilité.
- Gestion des commandes basée sur l’expérience du dirigeant et avec son réseau professionnel identique depuis de nombreuses années.
- Les devis
- L’établissement des devis était très sommaire et sur papier libre, sans registre tarifaire, sans argumentaire, seuls les montants étaient modifiés et ajustés approximativement.
- La gestion physique des dossiers
- Les dossiers de fabrication étaient uniquement utilisés par le dirigeant et posés en pile dans l’atelier.
- Regroupement des fournitures dans un coin de l’atelier pour montage, sans identification à une affaire, sans contrôle.
- L’étude et la construction des produits.
- L’achat des composants dans chaque projet pouvait être réalisé en amont de la constitution du dossier technique par le dessinateur, ce qui immanquablement engendrait de mauvais ou sous-dimensionnements de certaines pièces. A charge alors pour l’entreprise de réaliser de nouveaux achats, sans reprise des fournisseurs, un stockage des pièces inutilisables, une perte de temps et une marge pour chaque affaire qui se réduisait sérieusement !
- Une grande partie des pièces était façonnée et construite au pied des matériels en cours de construction, donc sans traçabilité.
- Le management, le personnel.
- Le dirigeant concevait son management sous une forme très directive surtout sur le « comment » : chaque technicien devait donc exécuter les consignes avec toutes les phases d’usinage et les outils à employer.
- L’autonomie, la prise d’initiative et la créativité étaient inexistantes pour l’ensemble du personnel.
- Pas de formation.
- Le chef d’atelier n’ayant pas de marge de manœuvre pour exercer son management était en fait un technicien.
- L’approche commerciale.
- Aucune démarche commerciale dans cette entreprise et depuis plusieurs années, mais juste la présence d’un site internet en mal de référencement.
- L’entreprise fonctionnait uniquement sur appel entrant.
- Bien que la volonté soit là, pendant la période d’accompagnement, il n’y a pratiquement pas eu de « grandes tournées des clients » pour présenter le repreneur. Ce n’était pas non plus la vocation du dirigeant sortant.
- Le savoir-faire et le savoir être.
- Cette société avait pour avantage d’être une des toutes dernières sociétés françaises à fabriquer des matériels dans son domaine d’application.
- On devine facilement que seul le dirigeant portait le « succès » de l’entreprise. Ce qui revient à dire que le CA était étroitement lié à ses propres capacités de productivité.
- Il était extrêmement fréquent que le dirigeant sortant, passe ses week-ends à rattraper les erreurs de fabrication, notamment de soudage pour exemple … Mais disait-il « c’était normal, ça fait toujours ça» …
- Les indicateurs et la profitabilité.
- Aucun indicateur d’évolution ou de performance, seul le bilan de fin d’année faisait foi.
- Les salariés de l’atelier ne notaient jamais les temps passés et il n’y avait aucun support.
- Pour la facturation des affaires urgentes, la comptable venait directement dans l’atelier, afin de réclamer les heures passées.
- Les stocks
- Principalement composés de pièces de récupération, de fournitures non installées, de pièces usinées présentant des défauts de fabrication ou de conception. Un stock immobilisé, inutilisable, mais qui apparaissait aux bilans !
Il y avait donc une forte nécessité de transformer ou modifier l’organisation, la typologie du management, la culture, l’information ou la communication, les processus et la spécificité métiers.